L'activité physique adaptée
QUELLE ACTIVITÉ PHYSIQUE PRATIQUER AVANT UNE INTERVENTION CHIRURGICALE ?
Avant une intervention chirurgicale, nous vous conseillons de pratiquer 2 types d’activité physique différentes qui sont parfaitement complémentaires, une activité physique d’endurance et une activité physique de renforcement musculaire.
ACTIVITÉ D’ENDURANCE
L’activité physique d’endurance sert à entrainer votre cœur et vos poumons qui sont absolument nécessaires au transport d’oxygène à vos muscles.
Si vous avez des muscles mais que votre cœur et poumons sont incapables de leur apporter l’oxygène qu’ils nécessitent pour fonctionner correctement, cela ne sert à rien !
Toute activité d’endurance est possible : marche à pied, vélo, natation.
Si vous avez un podomètre ou équivalent sur votre téléphone, vous pouvez l’utiliser pour connaitre votre nombre de pas quotidiens. Plus qu’un nombre minimal de pas quotidiens, l’objectif est d’augmenter progressivement chaque semaine votre nombre de pas (+1000 à 3000 pas hebdomadaires).
Des activités du quotidien que vous pratiquez peut-être déjà, sont des activités physique d’intensité modérée : jardinage, bricolage, ménage du domicile, marche pour aller faire les courses, montée d’escalier, danse…
Profitez de votre quotidien pour pratiquer une activité physique !
Par exemple, quand vous prenez la voiture, garez-vous volontairement plus loin de votre destination et faites le reste du trajet à pied. Si vous prenez les transports en commun, sortez volontairement un arrêt plus tôt et finissez votre trajet à pied. Ou encore, prenez les escaliers plutôt que les ascenseurs quand vous avez le choix.
Comment reconnaître une intensité modérée ?
Votre essoufflement et votre transpiration restent modérés et vous êtes capable de soutenir une conversation tout en pratiquant votre activité physique.
Sur une échelle subjective allant de 0 à 10, 10 étant l’effort maximal, vous estimez votre effort à 5-6.
Si votre état physique ne vous permet pas d’avoir une activité physique modérée, ce n’est pas grave, même une activité physique de faible intensité (ex : marche lente) vous sera bénéfique !
Si votre état physique vous permet d’avoir une activité physique plus soutenue (ex : marche rapide avec difficulté à parler, footing, foot, etc…), n’hésitez pas à la pratiquer avant l’opération.
Cette activité physique d’endurance est à réaliser si possible 5 fois par semaine et doit durer 30 minutes minimum. Elle pourra être plus courte mais il faudra dans ce cas augmenter le nombre de “séances“ pour atteindre si possible un objectif de 150 minutes par semaine.
Bien entendu, si cet objectif n’est pas atteignable pour vous, il est toujours préférable de pratiquer une activité physique réduite que de ne rien faire du tout !
RENFORCEMENT MUSCULAIRE
En plus d’entrainer votre cœur et poumons, il vous faut entrainer vos muscles pour qu’ils fonctionnent mieux et gagnent en force.
Pour cela, une activité de renforcement musculaire est nécessaire. Comme l’activité physique d’endurance, un renforcement musculaire d’intensité modérée est suffisant.
De nombreux exercices de renforcement musculaire sont réalisables facilement à domicile ou en milieu professionnel, sans ou avec matériel, seul ou en groupe, après les avoir appris par vous-même ou aidé(e) d’un kinésithérapeute ou d’un professionnel de l’activité physique adaptée.
Privilégiez les exercices et les modalités de pratique qui vous conviennent le mieux !
Essayez de faire minimum 2 séances de renforcement musculaire par semaine de 15-20 minutes
AVEC QUI PRATIQUER L’ACTIVITÉ PHYSIQUE AVANT UNE INTERVENTION CHIRURGICALE ?
Vous pouvez être aidé(e) à vous préparer au mieux physiquement grâce au soutien de professionnels spécialisés en activité physique adaptée (éducateurs sportifs) ou de kinésithérapeutes.
Ces professionnels feront avec vous une analyse de votre état physique actuel, des limitations que vous pouvez présenter, puis choisiront avec vous des activités physiques que vous pouvez pratiquer sans risque soit lors de séances réalisées avec eux soit à votre domicile seul, soit les deux. Ils prendront également en compte vos préférences sur le type d’activité physique.
N’importe quel médecin (votre médecin traitant, votre oncologue, votre anesthésiste, votre chirurgien) peut vous faire une ordonnance de pratique d’activité physique. N’hésitez pas à leur demander !
Sachez cependant qu’au moment de rédaction de ce livret (mars 2025), la pratique d’activité physique adaptée encadrée par des professionnels n’est pas remboursée par la Sécurité Sociale.
Ce point est susceptible d’évoluer dans les prochains mois.
Certaines mutuelles par contre prennent en charge l’activité physique adaptée : contactez votre mutuelle pour vous renseigner sur ce point.
IDÉES FAUSSES
« À cause de la maladie, je suis fatigué(e) donc il faut que je me repose »
Quelle que soit la maladie, et quel que soit votre niveau d’activité physique initial, la pratique d’une activité physique est bénéfique à la santé. Il est vrai que la maladie et les traitements entrepris peuvent occasionner une sensation de fatigue importante. Cette fatigue peut vous pousser à diminuer votre activité physique pour reposer votre corps. Or, le repos n’est pas une solution car dans la majorité des cas il augmente votre fatigue, par déconditionnement à l’effort. L’activité physique au contraire permet de diminuer de plus d’un tiers la sensation de fatigue induite par les traitements.
« Les traitements que j’ai reçus entrainent des effets secondaires qui m’empêchent de pratiquer une activité physique »
Il est vrai que certains traitements, notamment des chimiothérapies pour cancer, peuvent entrainer un certain nombre d’effets secondaires gênant l’activité physique : anémie (= diminution du nombre de globules rouges), troubles de la sensibilité dans les mains et les pieds, nausées et vomissements. Cependant, la plupart de ces effets secondaires sont accessibles à des traitements permettant une reprise plus facile de l’activité physique. De plus, la pratique d’une activité physique permet de diminuer l’intensité de certains effets secondaires (troubles musculo-squelettiques, douleurs ostéo-articulaires, problème cardiovasculaires).
« J’ai des douleurs m’empêchant de pratiquer une activité physique »
Le repos n’est pas non plus une solution car il augmente très souvent les douleurs, notamment ostéo-articulaires. À l’inverse, la pratique d’une activité physique permet de les diminuer. Certaines douleurs, notamment liées au cancer, nécessitent une prise en charge spécifique donc n’hésitez pas à en parler à votre oncologue.
« J’ai des problèmes de cœur (infarctus, insuffisance cardiaque, etc.) donc je ne peux pas pratiquer d’activité physique »
Il est faux de penser qu’à cause d’une maladie cardiaque, vous ne devez pas à voir d’activité physique. À de très rares exceptions près qui seront détectées par votre médecin, l’activité physique est bénéfique et encouragée. Cette activité physique sera bénéfique pour votre cœur, en évitant ou traitant un déconditionnement à l’effort.
« Comme j’ai des problèmes de cœur, je dois faire une épreuve d’effort réalisée par mon cardiologue avant de pratiquer une activité physique »
Pour pratiquer une activité physique modérée, aucun test d’effort n’est nécessaire, et ce quelles que soient vos pathologies cardio-vasculaires.
« Je suis incapable de pratiquer une activité physique modérée donc ça ne sert à rien »
Si votre état physique ne vous permet pas d’avoir une activité physique modérée, même une activité physique de faible intensité sera bénéfique pour votre santé. Une activité physique limitée est toujours mieux qu’aucune activité physique.
« Je n’ai pas le temps de pratiquer une activité physique »
Très souvent, vous avez ce temps sans vous en rendre compte car beaucoup de choses que vous faites au quotidien peuvent être de l’activité physique. Exemple : la marche, la montée des escaliers, le jardinage, déplacement en fauteuil roulant manuel.
« Je suis trop âgé(e) pour pratiquer une activité physique »
Il n’y a pas d’âge limite pour pratiquer une activité physique à hauteur de vos possibilités ! Toute activité physique, quelle que soit son intensité et sa fréquence, sera bénéfique pour votre santé, en améliorant notamment votre capacité d’adaptation à l’effort.
« Pratiquer une activité physique adaptée coûte de l’argent »
S’il est vrai que certaines activités physiques adaptées sont à votre charge, pensez à interroger votre mutuelle qui peut prendre en charge ce type de soins De plus, vous pouvez pratiquer des activités physiques à domicile ou en extérieur qui sont totalement gratuites : marche, exercices de renforcement musculaire avec le poids du corps, etc.
« J’ai peur de me blesser »
C’est tout l’intérêt d’un professionnel de l’activité physique adaptée qui sera vous orienter vers les exercices les plus adaptés à votre situation. L’échauffement et la récupération post activité physique sont importants pour éviter de se blesser.
